Pourquoi ?

Ma préoccupation, dans cet exercice, est de proposer aux générations à venir une autre façon d’habiter, de se cultiver et de travailler au sein d’une CITE IDEALE.

Au XIIIe siècle, l’ambition des bastides était de réorganiser la société et de faire prospérer la cité dans une certaine autonomie. Ce schéma reste d’actualité au XXIe siècle.

Les multinationales ne partageant pas les richesses promises, la solution économique viendra de ses habitants qui, solidaires, créeront et élaboreront des services et produits locaux, en privilégiant des solutions pérennes et utiles à leur vie quotidienne.

Tout au long de ma carrière d’architecte, j’ai réalisé, dans le village, mes premiers projets (centre médical, résidence Consulaire, logements H.L.M.).

Parallèlement, en partant de visions utopiques et contre-utopiques traduites sous forme de dessins à l’aquarelle, à l’encre et aux crayons de couleurs, j’ai représenté la Bastide de Villeneuve dans des situations originales : ensablée, volante, noyée sous des carcasses de voitures…

Je me suis rendu compte de la pertinence d’approfondir l’étude d’une cité refondée sur des principes simples que sont :

 – Ré-habiter la cité

 – Doter la cité d’un confort moderne

 – Créer un art d’habiter (vues lointaines, air renouvelé, augmentation des surfaces de logements)

 – Retrouver la densité telle qu’elle était de 2000 à 3000 habitants plutôt que de la diluer dans un tissu périurbain consommateur d’espace qui rend à tout moment tributaire de moyens de transports polluants.

A l’annonce de la planification d’une zone commerciale, hors la ville, il me paraissait indispensable d’étudier un palliatif à cet urbanisme dangereux.

Ainsi, le projet opérationnel, traduit sous forme d’une maquette de l’ensemble de la Bastide et de visuels, est né.
Ce travail a été effectué sans commande.

 La cité Photocoltaïque

6 réflexions sur “Pourquoi ?

  1. URBANISME FICTION ?
    Peut-on être nostalgique de ce qui n’existe pas ? de ce que l’on ne connaît pas? de ce que l’on ne soupçonne pas ? Oui, si le rêve et l’imagination l’emportent sur le présent et si nous disposons de la capacité à s’extraire du réel.
    Villanova 2050,
    J’ai eu la chance de voir l’exposition « Villanova 2050» au début du mois d’août. La maquette, très attractive fait la part belle à l’existant (on aime y retrouver ce que l’on connaît) et au chimérique ( à l’imagination vaine et illusoire…).
    De l’aveu de l’architecte, auteur du projet, la proposition (la réflexion) apparaît utopique… Mais à y regarder de plus près, les concepts qui sous-tendent la réflexion globale ne sont pas si « utopiques » …Ils sont ancrés sur des approches sociologiques, culturelles, économiques et écologiques en rapport avec l’actualité de « la Cité » – posant ainsi la question : Comment vivre dans une cité médiévale dans laquelle son « classement » la condamne a être ville/musée.
    La condamnation est semble-t-il inexorable, car comment déroger à la « patrimonisation » de cet-te ville-musée, deux mois par an.?
    Les réponses proposées par l’architecte, adoptent le ton de l’humour ou de la dérision, néanmoins , les solutions existent mais il s’agit bien de convaincre du bien-fondé de ces idées novatrices.
    Résonance:
    Si cette exposition m’a beaucoup intéressée, c’est aussi parce qu’elle me renvoie à ma propre production. Mes « boites » cristallisent des concepts architecturaux improbables, puisqu’ils reposent sur des systèmes de constructions qui ne seraient pas réalisables grandeur nature…
    Cette parenthèse me permet d’aborder un aspect de l’exposition: La maquette permet de visualiser une idée, mais aussi de rendre crédible …La belle unité de la maquette amenée par la matière utilisée permet d’intégrer des éléments fictifs sans qu’ils paraissent incongrus, mais la réalité se-rait tout autre…Le rapprochement d’éléments anciens et modernes tourne souvent à la confronta-tion formelle et esthétique ( nos villes en regorgent ) et Villanova 2050 n’y échapperait pas…
    Pour ma part , je suis dubitatif sur la cohabitation du moderne et de l’ancien justifiée par la fonction essentielle de « La bastide » qui était au XIIIème siècle, de protéger (Sauveté), quitte à contraindre des habitants à vivre en autarcie …Or, aujourd’hui cette contrainte est abolie, et pourquoi nous obligerions nous à regrouper des activités dans un centre ville déjà fort occupé, quitte à greffer des éléments modernes sur de l’ancien, avec plus ou moins de bonheur? Qu’avons-nous à y gagner ?
    Par ailleurs, si cette exposition fait sourire elle incite beaucoup à la réflexion sur de nombreux problèmes de la Cité – sur les choix urbains – Elle est extrêmement « pédagogique » ! Bravo !
    Pourquoi cette exposition ne servirait-elle pas à introduire des conférences où les problèmes posés par la concentration urbaine seraient présentés ?
    16 août 2015

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    • Daniel,
      Je voudrais vous rassurer sur la cohabitation de l’ancien et du moderne.

      Toute l’histoire de cette Bastide et toute l’histoire architecturale des villes le relate!
      Le Roman 11ième siècle (sauveté et coeur), le Gothique 13ième siècle (le clocher et l’église actuelle), les bâtisses, certaines sont du 18ième d’autres du 16ième, les fortifications et certaines tours du 15ième, les réalisations récentes d’ilots de logements du 20ième..
      En vous promenant, rien ne choque, l’unité est tout à fait conservée parce la pierre, la tuile plate, la lauze.. sont le langage commun.

      Pour ce qui est des volumes, c’est très différent. Ils n’ont cessé d’évoluer au fil du temps : les douves ont été bouchées après guerre, certaines ruines ont été reconstruites mais partiellement sur 1 niveau au lieu de 3, d’autres ruines ont été transformées en parking…

      ll n’y a donc pour moi aucune raison historique à ´figer’ la Bastide et à chercher à la conserver comme un tableau terminé.
      Continuer à geler ce centre, c’est un travers, de collectionneur. C’est aussi le manque de confiance d’une époque.

      Il y a toutes les raisons, au contraire, de faire vivre la Bastide, d’en exploiter les hauteurs, les vues sur les toits et de la transformer finement, tout en prenant, effectivement, soin de veiller à la qualité architecturale, aux couleurs et aux matériaux.

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    • Daniel,
      Vous vous posez la question de l’intérêt de regrouper des activités au centre?

      Je vous invite à rencontrer les habitants qui, pour plus de la moitié, n’ont pas accès à une voiture! Ils sont ravis depuis que la supérette a fermé pour laisser place à un super U à l’extérieur du village!

      L’intérêt du centre ancien c’est qu’on y fait tout à pied!
      Les habitants s’y rencontrent, s’y retrouvent, c’est une condition essentielle de la vie sociale!

      Raisonnons par l’absurde.
      Si aucun aménagement n’est placé au centre. Tous les lieux sont essentiellements déserts en dehors de leurs heures d’ouverture. Pour chacun des lieux, il faut de vastes parkings, autant de réseaux et d’aménagements dédiés et redondants..
      Une histoire donc très couteuse, consommatrice d’espace et d’énergie.. Des espaces disjoints, sans qualités, insécures.. Des transports motorisés couteux, bruyants, polluants..

      En articulant astucieusement les fonctions dans une ville, on produit de la qualité : on passe du cinéma, au bistrot, du commerce à la mairie.. La cité, c’est par définition le lieu de regroupement des activités et des habitations.
      L’oublier, c’est passer à coté d’un pan important de notre civilisation.

      Et curieusement, les Bastides sont justement la démonstration que ça a fonctionné pendant des siècles.

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  2. Je ne connaissais pas le travail de Jean Massip sur la Bastide de Villeneuve.
    Je trouve ce projet remarquable et j’espère qu’il pourra se concrétiser.
    Il va tout à fait dans le sens de ce que nous préconisons dans nos recherches à la chaire Unesco de Montpellier SupAgro sur les systèmes alimentaires du futur, en particulier les « systèmes alimentaires territorialisés » : ci-joint une publication sur ce thème et le programme de notre prochain colloque à Québec.
    Il ne semble malheureusement pas possible de restructurer nos mégalopoles qui sont une aberration sociale et écologique.
    Toutefois, j’ai calculé qu’en 2050 environ les 2/3 des habitants de la planète vivront sur des espaces ruraux et rurbains encore épargnés par les mégalopoles de plus d’un million d’habitants. Pour ces espaces, le modèle « SAT » constitue une solution durable.
    Il est certain que le type d’aménagement urbain et plus généralement d’habitat aura un impact considérable sur notre façon de nous alimenter.
    L’enjeu est de « nourrir les villes et développer les campagnes de façon durable et responsable ».

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  3. Projet très intéressant mais est-il nécessaire de mettre une enseigne faisant référence à la grande distribution? Ne s’agit-il pas de rapprocher les services , les petits commerces et les habitants?

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